Fétiches
Avril 2008


un ensemble d’aquarelles de format différent qui vous interpelle à double titre : une iconographie sortant de l’ordinaire tout d'abord, définissant un univers propre à l’artiste, où s'entremêlent des attributs féminins comme des culottes, corsets, talons aiguilles, bas résilles,mais aussi des animaux dont des insectes, un lapin ou un chien, ainsi que des parties de corps féminins.

L’extrême sensibilité de ses œuvres ensuite, rendue par une utilisation harmonieuse et complémentaire de l’aquarelle et du feutre.
La prégnance des chairs, des carnations, est servie par l’aquarelle, tandis que le feutre et ses propriétés graphiques sont à l’unisson de la sensation tactile laissée par les matières textiles.

Julie Lorinet sait mettre en musique cet inventaire à la prévert de manière à la fois amusante et légère.

"Je peins des figures hybrides (corps humain,corps animal,corps viande) que j’accessoirise avec des éléments typiquement féminins :talons aiguilles,robes,bas,résilles…
Le corps apparaît comme objet privilégié de représentation :il est souvent masqué,il n’y a pas de visage,pas d’identité propre.
Les figures peintes sont chargées d’érotisme :par étymologie,l’obscène exhibe tout quand l’érotisme,lui,fragmente,déplace,suggère.

Les corps,ainsi montrés,comprennent simultanément deux composantes :crainte et désir,qui peuvent engendrer un état de vacillation entre deux sentiments opposés.
Les combinaisons établies placent les figures dans un entre deux :entre la scène et l’obscène


L’aquarelle se situe à mi-chemin entre le dessin et la peinture.Elle permet la transparence et la légèreté des formes.Je représente principalement des corps tronqués d’ou émergent des métamorphoses notamment anthropomorphes.L’amoncellement de morceaux de corps,d’objets,de crânes et d’animaux constituent un univers très intime en rapport à la sexualité et à une cosmologie enfantine