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La mise en dialogue des oeuvres présentées par LAS
Galerie lors de l'exposition Artfusion, notamment à travers
les différents visages de la peinture et de la photographie
contemporaine, ainsi que de modules faisant corps avec ces médium
ou la vidéo, révèlent le caractère riche
et parfois fusionnel des relations qui les lient en donnant à
vivre les rapports incessants qui existent entre les différentes
disciplines des arts plastiques.
Catherine Larré
La photographe Catherine Larré nous transporte à travers
de grands cibachromes dans un univers à mi-chemin entre le
rêve et le réel. C'est de cette lumière si particulière,
paraissant à chaque fois convoquée de manière
miraculeuse par l'artiste, que jaillit ce trouble, cette sensation
d'un monde de l'entre-deux.
Fabienne
Müller-Oudart
Les peintures de Fabienne Müller-Oudart nous éloignent
de la figuration pour nous faire rentrer de plain-pied dans l'abstraction.
Une abstraction qui a pour assise d'une part, une ordonnance très
rigoureuse et construite de l'espace pictural et d'autre part, un
travail en profondeur de la surface du tableau.
Comme le souligne le directeur du centre d'art régional de
Montbéliard, Philippe Cyroulnik, Fabienne Müller-Oudart
organise "le champs du tableau en un certain nombre de figures
- carrés ou lignes - qui vont le tendre ou en tisser la trame";
des tableaux "longuement et intensément travaillés,
couche après couche, qui nous imposent l'arrêt et l'attention".
Cette mise en dialogue des éléments formels de la
peinture trouvera un terrain d'expression original à travers
des modules, véritables objets picturaux, qui seront contre
les murs et posés au sol.
Regis Rizzo
Les peintures à l'huile de Régis Rizzo sont comme
des instantanés de scènes de la vie urbaine. Le terme
d'instantané appliqué à sa peinture et qui
a généralement une connotation photographique n'est
pas anodin. En effet, avant de s'attaquer à la toile proprement
dite, Régis Rizzo prend toujours une photo numérique
de son sujet qu'il retravaille et utilise comme une sorte d'esquisse
pour ses tableaux.
Ses uvres par leur facture à la fois lisse et picturale
donnent lieu à une réflexion sur les relations entre
photographie et peinture, mais plus encore peut-être, sur
le rapport du peintre à son médium et les modes de
représentation qui s'ouvrent à lui.
Dominique Bouchard
La base formelle du travail de Dominique Bouchard est l'image photographique.
Cette dernière est pour elle comme un matériau qu'elle
retraite par intervention de la peinture et par un travail de superposition.
Ces différentes interventions au delà du tirage photographique
brut, tendent à marquer le caractère changeant, transitif
ou éphémère de la nature des paysages et des
architectures représentés. Traces, empreintes et signes
sont d'ailleurs des éléments récurrents dans
ses uvres. C'est aussi un moyen pour cette artiste de perturber,
d'interroger l'appréhension perceptive du regardeur.
Parallèlement, Dominique Bouchard à crée en
1999 " alentours " au sein de l'association Traces et
Cie : collectif pluridisciplinaire intervenant in situ de façon
éphémère sur l'environnement, en des lieux
de promenade variés, dans l'idée d'une rencontre ouverte
avec le public.
Philippe Fabian
Les oeuvres de Philippe Fabian se situent résolument au carrefour
de la photographie et de la peinture. Elles convoquent dans leur
processus de réalisation, un traitement numérique
de l'image photographique et les médium plus traditionnels
que sont la peinture à l'huile, acrylique, ou encore le pastel
et la mine graphite; Elles se présentent ainsi comme une
passerelle entre la tradition et les techniques les plus modernes
utilisées dans la création plastique contemporaine.
Ses "photo-tableaux" sont une parfaite illustration des
relations à la fois troubles, intimes et fusionnelles que
nourrissent ces deux médium aujourd'hui. L'iconographie de
ses uvres est axée sur les villes, les environnements
urbains, les zones périurbaines, et leurs architectures.
Etienne Begouen
"Depuis plusieurs années je me perds dans les espaces
parallèles de nos villes, sur des lisières entre zones
d'habitations et zones industrielles, là ou l'urbanisme déterminé
cède la place à la poésie de l'aléatoire.
En m'affranchissant de l'unique fragment de seconde d'un cadre photographique,
je pense faire ressentir plus justement la perte de repères
qui m'habite dans l'anarchie de ces lieux.
Chaque image de la série Décadrages résume
un parcours visuel dans une variation de cadrages, de distances,
de mises au point. Par un assemblage d'impressions photographiques
fugaces je m'approche de l'image mentale d'un lieu, du rêve
d'un espace traversé.
Mes photographies représentent l'histoire d'un parcours visuel,
vue de dessus, de dessous, de derrière, de devant et finalement
une fois l'image construite par différentes juxtapositions
et surimpressions de fragments photographiques, j'oublie les différents
éléments qui la composent. Elle existe comme la réalité
contemplative d'un état d'hypnose photographique"
Etienne Begouen "décadrages."
Florim Hasani
Ce jeune artiste de 23 ans d'origine yougoslave qui sort cette année
de l'école des Beaux Arts de Rouen, est le benjamin du groupe.
L'univers de Florim Hasani est composé de modules aux formes
sans cesse renouvelées qu'il conçoit et fabrique lui
même et auxquels il peut associer la vidéo. Ces uvres
ne sont jamais coupées de la réalité, elles
sont au contraire construites dans la perspective d'un dialogue,
d'une confrontation et d'un positionnement par rapport à
l'espace. Elles se veulent réactives à la réalité
environnante.
On a face à ses oeuvres d'une maturité étonnante,
ce sentiment d'un imaginaire débordant et d'une extrême
rigueur dans sa mise en forme.
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