| Une cartographie aérienne de Bagdad,
un message composé de lettres noires qui parait presque s'inviter
de force dans l'espace de la toile, tant il mord sur ses bords. Les
grandes peintures à l'acrylique d'Emilie Duval donnent à
voir cela et autre chose encore. Cette fragmentation de la toile évoque
plus largement celle de notre société, de " nos
" sociétés, prises dans un engrenage de cloisonnements,
d'auto-cloisonnements.
Ce sont aussi ces réflexes de replis identitaires - auxquels
font référence ces messages en lettres noires - engendrés
par des événements dont les images ont fait le tour
" du monde ".
Seule l'image paraît d'ailleurs échapper à
cette tendance, restant apatride, véritablement universelle,
sorte de passe-muraille qui défie les frontières,
circulant sans entrave dans un village global.
C'est sa magie, magie dont sont empreintes les peintures d'Emilie
Duval qui parviennent à transcender la gravité de
cette réalité avec un pinceau déployant une
palette étonnement douce. Dans nos yeux alors, est ce encore
Bagdad ? Le tableau ne parait en fin de compte pas si noir…
"Guerre de cochon" et "The game is over" sont
les titres de deux vidéos dans lesquelles Emilie Duval exprime
avec dérision, humour et ironie le décalage existant
entre la précision et le sérieux des commentaires
journalistiques et politiques de cette guerre en Irak et des images
qui renvoient à une réalité sur le terrain
bien différente.
Lionel Aymeric Simon
Emilie Duval à 30 ans. Elle vit et travaille à Houston
aux Etats-Unis.
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