Emilie Duval
Juin 2005
   
 
Une cartographie aérienne de Bagdad, un message composé de lettres noires qui parait presque s'inviter de force dans l'espace de la toile, tant il mord sur ses bords. Les grandes peintures à l'acrylique d'Emilie Duval donnent à voir cela et autre chose encore. Cette fragmentation de la toile évoque plus largement celle de notre société, de " nos " sociétés, prises dans un engrenage de cloisonnements, d'auto-cloisonnements.

Ce sont aussi ces réflexes de replis identitaires - auxquels font référence ces messages en lettres noires - engendrés par des événements dont les images ont fait le tour " du monde ".

Seule l'image paraît d'ailleurs échapper à cette tendance, restant apatride, véritablement universelle, sorte de passe-muraille qui défie les frontières, circulant sans entrave dans un village global.

C'est sa magie, magie dont sont empreintes les peintures d'Emilie Duval qui parviennent à transcender la gravité de cette réalité avec un pinceau déployant une palette étonnement douce. Dans nos yeux alors, est ce encore Bagdad ? Le tableau ne parait en fin de compte pas si noir…

"Guerre de cochon" et "The game is over" sont les titres de deux vidéos dans lesquelles Emilie Duval exprime avec dérision, humour et ironie le décalage existant entre la précision et le sérieux des commentaires journalistiques et politiques de cette guerre en Irak et des images qui renvoient à une réalité sur le terrain bien différente.

Lionel Aymeric Simon


Emilie Duval à 30 ans. Elle vit et travaille à Houston aux Etats-Unis.




Julie Lorinet Julie Lorinet Julie Lorinet

Video still "Guerre de cochon ", 4'14'' 2003




Democracies die behind closed doors,
acrylique sur toile, 195x160cm, 2004